Continuer dans le conseil ou rejoindre un corporate

En 2012, Le Monde avait publié un article intitulé « Le conseil, une voie royale… à condition d’en sortir » (Source). Cela avait éveillé un intérêt assez marqué des consultants pour une carrière dans le corporate.

Il n’est en effet pas rare que les consultants se focalisent sur les frustrations intrinsèques à leur métier, dans lequel les possibilités de prendre en charge un projet ou de mener une mission au bout sont limitées. Il est fréquent que le contrat avec le client prenne fin avant que le projet ait porté ses fruits, et l’incertitude plane toujours sur l’impact réel du consultant au sein de l’entreprise.

À l’inverse, qui dit travail en entreprise sous-entend plus de projets, responsabilités étendues et sentiment d’accomplissement lorsqu’une problématique est résolue. D’autres avantages du corporate en font un milieu attractif pour plus d’un consultant. Il s’agit généralement d’un milieu moins pressurisant, permettant une meilleure marge de manœuvre sur l’organisation de son temps. On y a par ailleurs plus souvent la possibilité de creuser certains sujets, en employant une créativité et une inventivité qui sortent de la méthodologie classique du conseil.

Mais alors, qu’est-ce qui pousse les consultants à rester dans le milieu du conseil ?

Malgré ses avantages comparés au travail en cabinet, il y a néanmoins plusieurs éléments propres à l’environnement corporate qu’il ne faut pas sous-estimer avant de décider de changer d’orientation de carrière :

  • L’évolution et les augmentations de salaire se font par exemple moins rapidement, avec une moins bonne visibilité sur le long-terme, au contraire de ce qui se fait en cabinet, avec une excellente lisibilité de la progression à laquelle un consultant peut prétendre au fil des ans.
  • L’entreprise est généralement un milieu moins dynamique et moins jeune, où l’on est souvent encadré par le(s) même(s) manager(s) pendant de longues périodes.
  • Les projets menés en entreprise avancent beaucoup plus lentement que lorsqu’on évolue au sein d’un cabinet. Ils sont aussi plus passibles d’être abandonnés en cours de route, pour des raisons diverses (désintéressement de la hiérarchie, manque de ressources, mise en place d’un processus long qui fait oublier la nature même du projet,etc.).
  • L’environnement souvent très politique des entreprises est aussi un élément important à prendre en compte, surtout lorsqu’on vient du conseil, milieu peu politique en règle générale.

Tous ces paramètres peuvent être source de frustration pour le consultant ayant migré vers un métier corporate. Il faut être sûr que l’on ne sera pas déçu par la transition.

Quelles questions se poser ?

Avant de changer l’orientation de sa carrière, le consultant doit peser le pour et le contre d’une éventuelle évolution vers un métier plus opérationnel. Quelques exemples d’interrogations qu’il vaut mieux formuler avant de faire le grand saut :

  • Est-ce que le fait de travailler avec des interlocuteurs variés est une source de frustration pour moi ? Ou est-ce que cela me procure une plus grande satisfaction ?
  • Est-ce que la posture d’inconfort propre au conseil due au besoin de (se) vendre au quotidien me déplaît-elle ? Préférerais-je travailler dans un environnement stable où ma présence n’a pas à être justifiée régulièrement ?
  • Est-ce que je ressens le besoin de travailler sur des missions plus ou moins challengeantes ? Dois-je les mener jusqu’au bout pour avoir un sentiment d’accomplissement ?
  • Est-ce que j’ai besoin d’avoir une forte dimension commerciale ? Si c’est le cas, dois-je attendre de devenir Manager/Associé pour gérer cet aspect de la vie du cabinet ?

Quelques points à étudier avant de faire son choix

Attention : les premières années dans le conseil sont difficiles. On acquiert les soft-skills et la méthodologie, on s’adapte au niveau d’exigence qui est parfois difficile à atteindre en début de parcours. Malgré tout, l’ambiance « école de commerce » et le fait de fréquenter d’autres jeunes qui font face aux mêmes challenges rendent les débuts dans le conseil plus supportables. En avançant dans sa carrière, le consultant a de plus en plus accès à des activités à haute valeur ajoutée. La profession s’enrichit, avec notamment l’ajout d’une dimension-clef supplémentaire à partir du grade de Manager : la gestion des relations clients.

Le mode de management dépend de la taille des cabinets : pour les plus petits, il s’agit fréquemment de prospection, les profils aimant trouver de nouveaux prospects s’y plaisent particulièrement ; les grands cabinets favorisent surtout le maintien de leur image de marque pour conserver un vivier important et durable de clients.

Une autre éventualité généralement peu envisagée est la possibilité de changer de cabinet. En effet, la plupart des consultants se font un avis de leur métier basé seulement le travail au sein de leur cabinet. Or, il y a autant de façons de faire du conseil que de cabinets, malgré les ressemblances en termes de méthodologie, etc. Un consultant peu satisfait dans son cabinet peut trouver son bonheur dans un autre cabinet. Le bon choix de carrière ne se fait pas uniquement via le métier, mais aussi via l’employeur.

Au final, l’important ce n’est pas forcément de sortir du conseil, ni même de changer de cabinet, mais de trouver la bonne opportunité pour soi ! Upward a la volonté d’accompagner ses candidats tout au long de leur carrière. N’hésitez pas à lire nos autres articles sur la sortie du conseil ou le changement de cabinet, ou à nous contacter directement pour faire un point sur votre vie professionnelle.

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