Devenir consultant indépendant

Le statut de consultant indépendant attire un bon nombre de consultants expérimentés qui espèrent y trouver une autre modalité de travail présentant quelques avantages certains : une flexibilité unique et une rémunération avantageuse. Si cela est vrai, toute prise de décision trop expéditive serait une prise de risque inconsidérée : devenir consultant indépendant nécessite une réflexion essentielle en amont pour prendre en considération tous les aspects de cette évolution.

Des questions fondamentales à se poser en amont

  • Suis-je assez expérimenté pour proposer mes propres services de consultant ?

Le plus souvent, le consultant indépendant est fort d’un background d’au moins 4/5 ans d’expérience au sein d’un cabinet de conseil: il a eu le temps d’acquérir une véritable expertise métier et/ou sectorielle en s’appuyant sur une méthodologie rigoureuse et des compétences en gestion de projets qu’il a su expérimenter et assimiler lors de ses missions précédentes au sein du cabinet.

  • Ai-je le profil adapté pour réussir en tant que consultant indépendant ?

Le consultant indépendant gagne à être doté d’une bonne fibre commerciale et communicationnelle en plus d’avoir une expertise aiguisée. Effectivement, devenir freelance, c’est se lancer dans une aventure quasi entrepreneuriale : il ne faut pas craindre les prises de risques et faire preuve de persévérance. Si le consultant indépendant sait gérer et contrôler l’enchaînement de ses missions lorsque les affaires fonctionnent bien, un équilibre de vie plus intéressant peut se mettre en place par rapport à celle vécue dans les grands cabinets.

  • Comment prendre la mesure de la demande de mon expertise sur le marché ?

Tout dépend de la conjoncture du marché : l’objectif est dans tous les cas de se distinguer, au-delà de la simple valorisation de ses compétences, en s’appuyant sur les spécificités relatives au champ métier et sectoriel dans lequel on s’inscrit. Il faut se rendre visible en communiquant sur son expertise. Cette dernière doit tendre à être l’une des plus pointues du marché, dans l’idéal, pour augmenter ses chances de devenir un expert incontournable et surtout un expert reconnu.

  • Comment j’envisage ma carrière à moyen terme ?

Devenir consultant indépendant c’est certes se lancer dans une aventure stimulante, mais aussi renoncer à l’évolution de carrière managériale qu’on trouve souvent en cabinet. Cependant, une réelle évolution est possible et prend la forme d’un carrefour qui s’ouvre sur trois chemins de carrières principaux :

  1. Soit, tout simplement, le statut d’indépendant se prolonge sur le long terme car complètement en phase avec les attentes du consultant.
  2. Soit le client est fidélisé jusqu’à devenir dépendant du consultant. C’est le cas lorsque ce dernier est particulièrement performant lors de ses missions. Le client va alors proposer des missions de plus en plus variées au consultant indépendant, puis va généralement lui demander de le rejoindre en tant que salarié.
  3. Soit le consultant, marqué par une solide fibre entrepreneuriale et commerciale va préférer, à terme, ouvrir son propre cabinet de conseil.

Des réalités à prendre en considération

  • Le risque de sentiment de solitude

Le gain de liberté engendre nécessairement un détachement, bien que partiel, de la richesse sociale et professionnelle inhérente aux cabinets de conseil et accessible en interne. En devenant électron libre, le consultant perd la visibilité que lui offrait l’image du cabinet de conseil sur le marché et le sentiment de contribuer à un projet collectif.

  • L’instabilité financière

La gestion de son travail étant rythmée par les missions, les revenus peuvent être par conséquent inconstants selon la courbe d’irrégularité de la demande. De plus, les retards de paiements peuvent se révéler une véritable source de stress pour le consultant dépend fortement de cette oscillation financière.

  • Le risque d’une trésorerie mal gérée

Sous l’égide de certains statuts juridiques comme celui d’auto-entrepreneur le consultant doit être capable de tenir sa comptabilité de manière autonome à défaut d’engager un comptable. Les charges sociales n’étant pas prélevées tout de suite, il s’agira de veiller à ne pas confondre revenus de son activité et salaire personnel.

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