Gérer sa carrière de consultant(e)

Depuis quelques années, les cabinets de conseil ont fait de gros efforts pour féminiser leurs équipes.

Le conseil attire, aujourd’hui, de plus en plus d’étudiantes en sortie d’école et au niveau du recrutement,  l’équilibre homme-femme est souvent respecté au sein des cabinets sur les premiers grades.

 

La proportion de femmes dans le conseil tend à s’amoindrir lorsque l’on monte dans la pyramide hiérarchique. Pour palier cela, des initiatives se sont multipliées ces dernières années afin de faciliter les parcours féminins dans le conseil.

Voici quelques éléments à prendre en considération pour gérer au mieux sa carrière de consultante.

Aucune discrimination à l’entrée mais des départs plus nombreux

Les cabinets de conseil sont souvent exemplaires dans leurs critères de recrutement : ils font partie des employeurs les moins sujets aux discriminations et les candidats ont, en général, les mêmes chances d’intégrer un cabinet quelques soient leur sexe ou leur origine ethnique.

Le conseil étant souvent vu comme un prolongement de son école et un premier pied à l’étrier dans le monde de l’entreprise, les cabinets enregistrent un fort turn-over des salariés après 2-3 ans dans le métier. Ce phénomène est souvent amplifié du coté des consultantes car l’engagement et l’investissement nécessaires dans les métiers du conseil semblent parfois incompatibles avec des projets d’ordre plus personnels. Pourtant, nous pensons, et les exemples le montrent, que c’est tout à fait possible.

Des efforts faits par les cabinets pour plus de flexibilité

Les cabinets ont multiplié les efforts pour retenir les consultantes lorsqu’elles aspirent à des conditions de travail adaptées : de nombreux cabinets ont créé des programmes aux 4/5ème (pas toujours faciles à gérer d’ailleurs), ont mis en place des procédures de télétravail ou ont banni les réunions après 18h.

D’ailleurs, cette flexibilité d’organisation est une tendance de fond dans les métiers du conseil. Plus on monte en grade et plus on a des latitudes pour organiser son travail et celui de ses équipes. Ne nous trompons pas : la charge de travail reste importante mais on peut avoir une plus importante maitrise de son agenda personnel et donc s’aménager un mode de fonctionnement différent de ses premières années en conseil.

De plus, cette aspiration à une plus forte flexibilité est une demande récurrente des jeunes générations, les fameux millenials, qui obligent les cabinets de conseil à revisiter leurs pratiques managériales.

Prendre pour horizon de temps le moyen terme

Tout est fait dans les cabinets de conseil pour maintenir une pression sur la performance à court terme nécessaire à la réalisation des missions: système d’évaluation à chaque fin de mission, passage de grades qu’on fait miroiter, pression managériale pour délivrer.

Ce système ne permet pas toujours de se projeter dans son métier de consultant à moyen terme et fait oublier une réalité du monde professionnel : un parcours de carrière se construit sur le long terme.

Lorsqu’on apprécie le métier de consultant, il faut savoir se projeter dans ces métiers en acceptant de potentiels temps faibles dans sa carrière : si pour des raisons personnelles, on n’est pas capable de s’investir fortement pendant une courte période, cela ne veut pas dire qu’il faille abandonner ce métier.

Pour rassurer sa hiérarchie, il faut continuer à rappeler son envie de bien faire le métier, sa volonté de se développer sur le moyen terme et en revanche, être très transparent sur sa capacité d’investissement et de mobilité.

Avoir un parcours un peu ralenti sur quelques mois n’est pas grave à l’échelle d’une carrière malgré la pression mise dans l’univers du conseil. Ce d’autant plus que les profils féminins sont souvent soutenus au moment du passage vers l’association pour équilibrer les partnerships.

ENFIN VOICI QUELQUES ELEMENTS JURIDIQUES A AVOIR EN TETE

Le licenciement d’une femme enceinte n’est autorisé que pour faute grave de l’intéressée ou pour licenciement économique (non lié à l’état de grossesse). Dans tous les autres cas, le licenciement peut être annulé même si l’employeur n’était pas au courant de l’état de grossesse de la salariée. A noter également que même dans les deux cas cités, le licenciement ne peut pas être notifié pendant le congé maternité au risque de rendre nulle la rupture du contrat de travail.

Il est possible de demander à son employeur une mutation temporaire de poste plus adaptée pendant cette période.

Aussi, si une femme souhaite profiter de sa grossesse pour changer d’emploi, la période de préavis n’est pas obligatoire. En revanche, si elle est en congé maternité, elle doit respecter un délai de 15 jours avant la fin de ses congés pour prévenir son employeur.

Chez Upward, nous constatons que beaucoup de femmes à l’écoute du marché choisissent de chercher un nouvel emploi après leur accouchement avec des résultats plutôt décevants vu l’intensité de cette période sur le plan personnel. Nous recommandons de commencer vos recherches pendant la période de grossesse, si vous êtes à l’écoute et que vous devez explorer des opportunités.

A propos de l'auteur

Retour