Jean-Yves HAYS

VP Business Process Excellence & Global Engineering - Firmenich

Son parcours

  • Diplômé de l’École Centrale de Paris
  • Commence chez Shell à des fonctions opérationnelles
  • Passe 7 ans chez Mars & Co et 4 ans au BCG en tant que Principal
  • Rejoint Firmenich en 2011 en tant que VP Business Process Excellence

Interview réalisée en 2014

Bonjour  Jean-Yves, pouvez-vous nous expliquer votre parcours ?

Je suis diplômé de l’École Centrale de Paris. J’ai débuté ma carrière chez Shell, dans la pétrochimie, où j’ai eu alternativement des responsabilités de support technique à la production, puis de patron de production, sur une unité prototype de 200 millions d’euros d’actifs et une centaine de personnes sous ma responsabilité.

J’ai décidé de quitter l’industrie après 5 ans et de rejoindre le cabinet de conseil en stratégie Mars & Co, où je suis resté 7 ans. J’ai travaillé sur des problématiques stratégiques et opérationnelles (amélioration de la performance, valorisation d’entreprise, redressement de filiales…) dans le domaine de l’industrie. J’ai été promu Directeur d’Études après 4 ans et j’avais très envie de m’investir dans le développement commercial dans le cadre de mes fonctions. C’est dans cette optique que j’ai rejoint le BCG en tant que Principal en 2006, où je suis resté 4 ans sur des problématiques plus organisationnelles, toujours pour des clients industriels.

Après avoir passé 11 années en conseil, j’ai fait le choix de retourner en industrie. Je travaille actuellement chez Firmenich, entreprise de création d’arômes alimentaires et de parfums. En tant que VP Business Process Excellence, j’occupe une fonction très transverse qui comprend de multiples responsabilités : la prise en charge de grands plans de transformation pour la Direction financière ou les Divisions commerciales (refonte du processus budgétaire, création d’une banque centralisée, refonte de la stratégie des prix, planification industrielle…), la gestion des systèmes et données (SAP, e-business, Master Data Management) et enfin le normatif (contrôle interne, lutte contre la fraude, Corporate Policies, délégation d’autorité…).

Vous avez évolué au sein de deux grands cabinets de conseil : existe-t-il d’après vous des différences de pratique entre ces deux structures ?

Mars & Co s’intéresse à des problématiques très stratégiques et fait du sur-mesure. L’objectif est d’identifier les spécificités d’un marché ; le jeu concurrentiel d’après une étude très fine des concurrents ; les ruptures potentielles, et de proposer une recommandation pragmatique créatrice de valeur. Grâce à son réseau international et au knowledge management, le BCG dispose de nombreux retours d’expérience et intervient de façon beaucoup plus rapide et plus standard sur des missions de transformation et d’organisation. Le BCG excelle sur la compréhension des dynamiques humaines et organisationnelles et j’ai eu la chance d’en profiter lors de diverses restructurations que j’ai menées pour le compte de groupes industriels internationaux.

Ces deux cabinets ont des approches très complémentaires.

La seconde différence concerne la culture d’entreprise des deux entités. Mars & Co est une entreprise « familiale », composée de personnalités très variées. Au BCG, il existe une plus grande homogénéité au sein des consultants car les évaluations et feedbacks sont fréquents à tous les niveaux et parce qu’il existe une politique forte d’up or out.

Pourquoi avez-vous décidé de quitter les métiers du conseil ?

C’est un concours de circonstances. Après 11 ans dans le conseil, j’avais envie de passer de l’autre côté du rideau et donc de revenir dans l’industrie. La période n’était pas propice, nous étions au milieu de la crise qui a touché durement les industriels en 2009-2010. Or j’ai été contacté par un ancien client qui m’a proposé un poste de responsable de la transformation, et j’ai accepté de relever ce défi.

Comment voyez-vous évoluer les métiers du conseil ?

Selon moi, il existe aujourd’hui trois catégories de cabinets de conseil : les grands cabinets de conseil généralistes, les petites structures spécialisées, et les entre-deux.

Je pense qu’à l’avenir, les vainqueurs seront :

  • les cabinets très spécialisés, qui disposeront d’experts ayant une vraie expérience et des connaissances pointues, seront en mesure de satisfaire les clients qui deviennent de plus en plus aguerris et exigeants.
  • les grands cabinets, même s’ils sont confrontés à deux défis : trop chers (notamment dans un contexte de crise) et construits sur un modèle de croissance infini qui devra bien, à un moment, se stabiliser.

3 qualités à avoir pour réussir dans les métiers du conseil selon Jean-Yves HAYS :

  • Savoir structurer sa pensée et aller à l’essentiel
  • Avoir des réflexes afin de gagner en rapidité et en efficacité
  • Etre honnête et courageux

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