Sophie BARBOSA

Directrice Financière - Lagardère

Son parcours

  • Diplômée de l’ESSEC en 2007
  • Auditrice chez Mazars en apprentissage
  • Auditrice interne chez Lagardère pendant 4 ans. Elle est aujourd’hui responsable financière du groupe

Interview réalisée en 2014

Comment êtes-vous arrivée en audit interne ?

À l’ESSEC j’ai suivi la formule d’apprentissage en audit externe chez Mazars. Ce parcours est très formateur parce qu’il offre une immersion plus rapide dans le monde du travail et permet ainsi d’accéder plus tôt à certaines responsabilités : par exemple, dès ma deuxième partie d’apprentissage,  j’ai eu la possibilité d’encadrer des collaborateurs juniors chez Mazars.

À la sortie d’école, pour mon premier emploi, j’ai souhaité capitaliser sur cette expérience en audit tout en accédant à des problématiques plus variées et à plus forte valeur ajoutée pour l’entreprise. Je me suis donc intéressée à deux domaines : le conseil et l’audit interne. La dimension internationale de l’audit interne me séduisait, aspect que je ne retrouvais pas dans le conseil. C’est pourquoi j’ai choisi de suivre cette voie. Et je n’ai pas été déçue : j’ai passé la moitié de mon temps à l’étranger et j’ai beaucoup appris en travaillant avec des collaborateurs issus d’autres nationalités.

Pourquoi avoir choisi de travailler chez Lagardère ?

Pour un poste en audit interne, le choix du secteur d’activité est crucial, puisqu’il va déterminer de façon directe le contenu et la richesse du poste, ainsi que le cadre de travail au quotidien. Par exemple, si vous exercez des fonctions d’auditeur interne chez un fabricant automobile, il est fort probable que vous passiez une partie très importante de votre temps dans des usines en Europe de l’Est ! Pour ma part, je souhaitais vraiment découvrir des métiers, activités et environnements de travail variés.

J’ai été immédiatement séduite par l’opportunité que m’offrait Lagardère de travailler sur des secteurs aussi différents que la presse, l’édition, le sport ou la distribution.

Par ailleurs, en termes de méthode de travail, chaque mission faisait l’objet d’un angle d’attaque spécifique, où l’on menait une véritable réflexion sur les problématiques à aborder en priorité, l’approche d’audit, les travaux à déployer, ce qui intellectuellement était extrêmement stimulant ! Il faut avoir à l’esprit que dans certaines entreprises, l’approche peut être beaucoup plus standardisée, laissant ainsi moins de marge de réflexion.

Comment se déroule une mission d’audit interne ?

S’agissant des missions d’audit interne « pures », on peut distinguer deux grands types. Tout d’abord les « full-audit », déployés en général sur les entités nouvellement acquises ou n’ayant pas fait l’objet d’un audit récent. Il s’agit alors d’auditer la totalité des processus de l’entreprise (financiers, RH, achats, ventes, systèmes d’information, etc.). En général, ces missions nécessitent une préparation d’environ 2 semaines en amont depuis Paris. Ensuite, une équipe de quatre à six personnes est dépêchée sur place pendant trois à six semaines (selon la taille de l’entité) pour effectuer les entretiens et les travaux d’audit.

Par ailleurs, il existe des missions plus ciblées où il s’agit de mener des revues de contrôle interne sur un ou plusieurs processus précis des filiales. Dans ce cas, une équipe de deux ou trois personnes se rend sur place durant deux à trois semaines, selon la taille de l’entité et du périmètre d’audit.

Ces modes d’intervention « classiques » varient bien sûr selon les méthodes de travail de l’entreprise, la nature de la mission et le niveau d’expérience des auditeurs.

À l’issue de la mission, un rapport écrit détaillant les constats et les recommandations à mettre en œuvre est rédigé et adressé à la Direction ainsi qu’à la filiale auditée. Un suivi d’audit est en général effectué quelques mois plus tard pour constater la mise en place des recommandations.

À noter par ailleurs que dans certaines entreprises, l’audit interne est également amené à intervenir sur des missions de conseil, d’acquisition ou de post-merger integration, ce qui ajoute une dimension supplémentaire extrêmement enrichissante au métier !

Que fait-on après un parcours en audit interne ?

Un junior évolue vers un poste de chargé de mission au bout de 2 à 3 ans normalement. Par la suite, il monte en puissance et gère des missions de plus en plus importantes et visibles au sein du groupe. Je pense qu’il faut rester au moins 4 ans pour retirer tous les fruits de cette expérience lorsque l’on y entre en tant que junior, 2 à 3 ans lorsque l’on commence directement à un niveau senior.

L’audit interne représente un très bon point de départ pour évoluer au sein d’un groupe, du fait du fort degré d’exposition (contacts directs avec le top management du groupe et des filiales) et des connaissances acquises sur les métiers et le fonctionnement de l’entreprise.

Il est donc très courant, au terme d’une expérience en audit interne, de se voir confier de nouvelles responsabilités au sein du Groupe.

Ce sont en général des postes en direction financière, contrôle de gestion ou en stratégie. Pour ma part, j’ai intégré la direction de la communication financière et des relations investisseurs.

Les 3 dimensions les plus attrayantes de l’audit interne pour Sophie BARBOSA :

  • L’expérience internationale.
  • La responsabilisation : haut niveau d’exposition (contact direct avec le top management du Groupe et des filiales) et fort degré d’autonomie sur les missions.
  • La vue complète et détaillée sur les différents métiers d’un groupe.

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