fr / en
Article Upward

Les classements des meilleurs cabinets de conseil : Info ou Intox ?

Aujourd’hui, tout néophyte peut être tenté de lancer une recherche « meilleur cabinet de conseil » sur Google pour y voir plus clair sur l’univers du conseil ; recherche qui fait émerger près de 15 millions de résultats, tentant chacun de faire rayonner leur opinion sur la question.

Consultor, Capital, Vault, Leaders League,ils sont nombreux à  proposer un classement aux intitulés assertifs tels que« Palmarès des meilleurs cabinets de conseil », « le Classement des cabinets de conseil », « Les meilleurs cabinets de conseil », etc.

 

Si le duo très établi BCG-McKinsey se dispute la première place, la diversité des résultats de ces classements n’aide pas à se faire une idée précise de la réalité du marché du conseil. Elle devient même très vite un ennemi si on se positionne du point de vue d’un talent cherchant à orienter sa carrière, qu’il soit jeune ou en reconversion.

Bien que les critères et méthodologies varient, ce qui peut expliquer les différences de résultats, il subsiste un sentiment d’opacité vis-à-vis de ces classements. Les informations relatives à leur pertinence et à leur plus-value se font rares et leur légitimité a fait, sans grand secret, couler beaucoup d’encre : articles et critiques suivent généralement la publication de ces classements dont la pluralité a d’emblée une forte tendance à nous faire douter.

Quelle est leur valeur réelle ? Sont-ils réellement objectifs ? Quelle distance doit-on prendre à la lecture de leurs résultats ? Upward Consulting creuse le sujet.

Les classements ne suivent pas tous la même méthodologie…

Concernant les critères, Consultor et Vault revendiquent le fait de se concentrer exclusivement sur des cabinets identifiés comme conseil en stratégie, avec parfois un critère géographique additionnel. Certains cabinets classés ne sont cependant pas reconnus pour leur valeur ajoutée en matière de conseil en stratégie, ce qui représente un premier point de non-sens dans ces classements.

Capital et Leaders League, quant à eux, recouvrent l’ensemble des cabinets existants en les répartissant par secteur, métier et spécialité. Ainsi, il est d’emblée difficile de comparer ces classements dont les points de départ varient.

La seconde différence majeure est celle de la méthodologie. Les acteurs interrogés et le nombre de participants à ces études varient d’un site à l’autre. Si Capital et Vault s’intéressent particulièrement au retour des consultants sur leur propre marché, Consultor interroge les étudiants des grandes écoles de commerce et d’ingénieurs, tandis que Leaders League consulte les cabinets déjà présents dans leurs précédents classements (sauf dans le cas d’une demande explicite de la part d’un acteur). Même si Capital et Vault sont comparables aux vues de leurs méthodologies similaires, Capital interroge 800 clients de cabinets, en addition à 700 consultants, quand Vault préfère utiliser uniquement les retours de consultants dans une formule pondérée dont le pourcentage le plus important est celui du prestige.

…mais leurs résultats sont souvent similaires.

Une comparaison rapide démontre que les classements, malgré leurs différentes méthodologies, donnent des résultats proches les uns des autres.

 

  • Les quatre acteurs sélectionnés ont tous réalisé en 2019 un classement des meilleurs cabinets de stratégie. Malgré des méthodologies différentes et parfois même un périmètre géographique différent, 6 noms se retrouvent dans les quatre classements, 11 noms se retrouvent dans trois classements et 20 noms se retrouvent a minima dans deux des classements.
  • Le classement Capital des 33 meilleurs cabinets de conseil Bancaire partage près de 27 noms avec le classement Leaders League des cabinets de conseil Banque & Finance.

 

A partir de ces deux exemples, il apparait que les critères et méthodologies importent finalement peu ; les cabinets ancrés et reconnus sur le marché sont bien présents en tête des classements. Un regard sur plusieurs années permet même de constater ces mêmes cabinets restent en tête quelle que soit la période. Le caractère invariable de ces premières places dans les classements interroge.

Les sites de classements sont trop souvent juges et parties.

Les classements n’apportent pas de réelle plus-value en ce qui concerne les cabinets en tête de liste. Cependant, les bas de classement exposent une plus grande variété de noms. Passées les 5-10 premières places, les classements sont beaucoup plus hétérogènes, soulevant la question de leur impartialité.

Certains acteurs ne cachent pas leurs méthodes et classifient les cabinets si ceux-ci en font la demande explicite, moyennant finance. Quand les cabinets renommés se font référencer assez facilement, d’autres peuvent apparaître sur simple demande. On peut, de fait, s’interroger sur l’objectivité de ces classements, sachant que parmi les plus consultés, peu sont réalisés par des médias indépendants.

Consultor, par exemple, a été créé par le fondateur d’un cabinet de recrutement. Il est de notoriété publique que certains cabinets de conseil se sont parfois plaints d’un « droit à figurer » dans ce classement, qui met bien souvent à l’honneur des relations commerciales historiques du cabinet.

Les classements ne sont pas pour autant pilotés ou truqués mais les partenariats commerciaux  les obligent parfois à créer une liste de cabinets qui « se doivent d’être cités »,  altérant considérablement leur crédibilité.

Faut-il alors considérer les classements comme inutiles ?

S’ils apportent peu d’informations pertinentes pour des profils connaissant déjà le monde du conseil, ces classements permettent d’identifier de nouveaux entrants sur le marché, comme des spin-offs de cabinets concurrents par exemple. Ils sont également une source d’informations intéressante pour les néophytes (étudiants, profils en changement de carrière) à condition de prendre du recul sur ce qu’ils mettent en avant et en croisant différentes sources. Les hauts de classement sont rarement une surprise, peu de choses ayant le pouvoir d’entacher la réputation d’un grand cabinet, pas même des scandales éthiques d’ampleur. Les deuxième et troisième parties des classements permettent de suivre l’évolution de plus jeunes cabinets, mais les informations sont souvent à prendre avec des pincettes.

Notre positionnement

Chez Upward, nous avons délibérément choisi de ne pas réaliser de classements et ce, en dépit de notre connaissance pointue du conseil et des cabinets. Au même titre que certains confrères, la question de notre objectivité viendrait à se poser car nous entretenons des liens très forts avec des cabinets très reconnus comme des cabinets à fort potentiel dans le monde du conseil.

Enfin nous défendons vigoureusement notre vocation à l’information transparente et exhaustive à destination des aspirants consultants. Nous ne pourrions justifier vis-à-vis des non-initiés – les autres ne sont généralement pas dupes – de classements basés sur des relations commerciales ou pécuniaires.

 

Retrouvez tous nos articles & offres d'emploi sur LinkedIn

Merci de redimensionner votre écran pour accéder au site